26.10.2008

Paris : propos introductifs

 

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Paris, le fric, les boites, la coke, l'alcool, les putes, la violence, la débauche, le stress, l'hypocrisie, le mal-être, une existence sans but.

Paris, cette ville de tous les excès, cette ville malsaine et déshumanisante, cette ville matérialiste sans aucune morale.

Paris, toi qui était si belle et rayonnante, comment as-tu pu tomber si bas, symbole de la décadence d'une civilisation autrefois splendide.

Paris, où mon existence méprisable a pris sa source, qui m'a fait renier tout ce que j'étais et m'a dicté une conduite des plus infâme.

Paris, tu causeras très certainement ma mort, comme celle de millions d'individus qui tous les jours dans tes entrailles se rabaissent et se corrompent un peu plus.

Vacances à Tignes

Quand je suis parti au ski à Tignes au Club Med, il y a 3 ans de cela, c’était du temps où j’avais la fâcheuse tendance à vouloir me taper les filles déjà casées. Il y avait un truc qui là dedans m’excitait.
Chaque soir on se retrouvait tous entre “jeunes” dans la pseudo boîte de l’hôtel, qui dans la journée servait de salle de restauration pour les enfants. Le DJ, un mythomane patenté, mixait avec ses pieds, tout en nous racontant ses soi-disant “sets au queen”. L’alcool était gratuit, ou plutôt compris dans le forfait, ce qui expliquait assez facilement les excès en tout genre et les drames quotidiens engendrés par cette surconsommation éthylique.
J’avais également en ce temps là (si ce n’est toujours), la fâcheuse tendance à me faire détester de tout le monde. Je m’étais fait pote avec un parisien, mais manque de chance, j’avais essayé de me taper sa copine, une brune très jolie mais un peu trop bavarde qui bien vite s’était empressée d’entacher ma réputation déjà peu glorieuse. Car déjà très peu de temps avant mon arrivée, nombreuses étaient les filles qui se disaient avoir été “choquées” par mon comportement pour le moins entreprenant à leur égard et ma façon plutôt directe de présenter les choses. Vous comprendrez aisément que l’épisode précédent fût le coup de grâce porté à mon image.
Ainsi ce soir là, environ 3 jours après mon arrivée, alors que toutes les filles un peu près respectables ne daignaient pas même me jeter un regard, deux sympathiques cousins marseillais avec qui je m’entendais très bien, du fait qu’ils portaient une certaine admiration à mes manières très provoc, vinrent à coté de moi. L’un d’eux me dit : “ Hé Thibaud, pour une fois essaie de pas foutre la merde... Ya deux ptites meufs qui s’ennuient...” En effet, juste devant nous étaient assises deux filles assez jeunes. L’une brune au visage ingrat, l’autre blonde, de type slave, possédant ce charme commun à toutes les filles de l’Est. Je décidais donc d’aller leur parler. La discussion n’eût pas grand intérêt puisque je me contentais uniquement de sortir mon baratin habituel, confiant dans le fait que la vodka ferait le reste du travail.
Ainsi donc, je me retrouvais 30 minutes plus tard, contre la petite blonde, Katia une lycéenne d’origine polonaise. J’avais commencé à la tripoter, m’étant dit que plus vite je me la serrerais, plus vite je pourrais la niquer. Alors que j’étais déjà en train de l’embrasser et que les marseillais nous avaient rejoint, l’un d’eux eut l’idée de prolonger la soirée dans leur chambre, et c’est donc à 5 que nous nous y rendîmes. Les deux gars s’allongèrent chacun dans leur lit, tandis que les deux filles s’asseillerent contre le mur. J’étais quand à moi adossé à la fenêtre en train de fumer une cigarette. Les sujets de discussions, comme dans toutes les situations similaires débutèrent sur un peu de géographie, à savoir où chaque personne habitait, pour ensuite bifurquer assez rapidement sur les expériences sexuelles de chacun. C’est à cet instant que sous nos regards circonspects, les deux filles commencèrent à nous expliquer que si elles étaient parties au Club Med, c’était uniquement pour se faire “baiser” et qu’elles avaient chacune pensé à prendre avec elle des boites de “24 capotes”. Les marseillais étaient carrément sur le cul que des filles de 16 ans puissent tenir de tels propos. Quant à moi, je me disais qu’il fallait tirer le meilleur parti de cette situation, et c’est sur un ton déterminé que je dis à Katia : “Si t’es là pour baiser, bah alors on le fait tout de suite !” D’abord surprise par une telle franchise et quelque peu réticente, elle ne tarda pas à se laisser convaincre par mes caresses insistantes.

La suite est sans grand intérêt du fait de la banalité du sujet. En effet, le créneau du récit érotique étant actuellement surexploité par de multiples intellos puceaux mythomanes ou autre nymphomanes névrosées, je ne peux que vous recommander d’aller sur leurs blogs si la matière vous passionne. Pour ce qui est des adresses, contentez-vous de taper “histoire de cul” sur Google, ça fera l’affaire...


Thibaud Delcourt

15.10.2008

Jean-Eudes, artiste contemporain

Jean-Eudes, gamin de bonne famille aurait pu tranquillement poursuivre ses études au milieu de la masse des anonymes. Plutôt beau garçon, ses dépenses en tout genre largement subventionnées par maman, et ses résultats plus que corrects ainsi que les pistons de papa lui promettaient un avenir radieux.

Cependant il en fallait plus à Jean-Eudes. Il trouvait sa vie terne et monotone, elle était beaucoup trop facile. Pour remédier à cela il eut une idée lumineuse, devenir artiste. Pas artiste dans un seul domaine, mais dans tout ceux que le monde moderne avait abâtardis, remplaçant le talent par le porte-monnaie.

Grâce à l'apparition de la photo numérique, il pût devenir photographe en s'achetant un super canon Mark 3 à plus de 3000 euros. Ce qui était pratique, c'est qu'il y avait un mode automatique qui permettait même à un enfant trisomique de prendre des photos.
Un domaine intéressant s'offrait à lui : La photo de mode qui lui garantissait de prendre (dans les deux sens du terme) la myriade de petites poufs qui voulaient faire leurs books. Il décida ainsi se se faire rétribuer en nature, prenant deux ou trois photos floues en échange d'une fellation.
Cependant la concurrence acharnée dans ce domaine et le mécontentement de nombreuses jeunes filles qui s'étaient vu "humiliées" par le jury d'une quelconque agence de mannequinat à la vue des clichés désastreux, l'avait poussé à réorienter sa carrière.

Il décida donc de devenir DJ. Il suffisait de se payer des platines et de passer des MP3 en boucle sur son ordi lui avait-on dit. Un grand connaisseur de la "night-life" ayant ajouté qu'en boite ou en soirée, ce qui comptait, c'était "un beau flyer, beaucoup d'alcool et des petites putes", le reste n'étant qu'accessoire. Il se mit donc à mixer et connu un vif succès dans le petit milieu parisien faisant de lui une mini-star (assez pour flatter son égo mais pas pour gagner de l'argent) et facilitant par la même occasion le "culbutage" de petites chalala.
Malheureusement pour lui, là aussi, beaucoup étaient sur le créneau et un ancien geek qui depuis qu'il était môme avait passé son existence à se détruire les yeux devant son écran cathodique et les oreilles en mixant frénétiquement des samples assourdissants s'apparentant plus à du bruit qu'à de la musique lui était passé devant.

Il dût donc se résigner à changer à nouveau de domaine et s'intéressa à l'écriture. Inspiré par Lolita Pille ou sa version plus "cheap", Virginie Despentes, il décida de devenir écrivain. Ayant retenu de ses études qu'on fait un bon commentaire en pompant des idées de différents grands auteurs, il appliqua cette même logique à ses textes. Ce qui lui permis tout d'abord de profiter à nouveau de quelques petits culs grâce à son attitude "pseudo-baudelairienne-jean-foutre-désabusée-super-rebelle", ce solda par un échec littéraire cuisant du fait de la banalité du sujet et du style aussi bien insipide qu'impersonnel. Un éditeur renommé ayant même répondu ironiquement à ses demandes insistantes en lui expliquant qu'il ne voyait pas "la différence d'utilité entre ses manuscrits et les feuilles d'un rouleau de p-cul." De quoi le calmer définitivement...

Le pauvre Jean-Eudes déprimé par tant de revers de fortune, du se résigner à honteusement reprendre sa vie horriblement pénible par sa banalité. Il se consola en dépensant compulsivement quelques centaines d'euros dans de la drogue de bonne qualité et du champagne, rappela un de ses "PC" qu'il dégagea de manière expéditive après que son envie fût soulagée et finit par s'abandonner dans un sommeil léthargique.

 

Thibaud Delcourt

Le Reflet

J'ai observé, lors d'un moment d'inactivité assez rare dans une vie trépidante, le miroir dans lequel je voyais une image peu reluisante. Avec la plus grande attention, j'ai scruté cette apparition terne au milieu du bois patiné; la figure brillante que je suis censé incarner n'était alors qu'un obscur personnage.

La réflexion sur une image réfléchie pouvait paraître absurde, néanmoins, les yeux étant, d'après les poncifs ringards "le reflet de l'âme", j'ai quand même brassé l'air pour évacuer l'opaque nuage de fumée et prêter attention à mes pupilles dilatées. En l'espèce, c'était donc dans mes propres yeux qu'il me fallait trouver des réponses.

Ceux-ci avaient la vivacité d'un incompris, autant que la tristesse d'un désenchanté. Pas de mélancolie larmoyante, non. Juste la constatation d'une certaine cruauté dont chacun et capable. La perte progressive d'humanité sous couvert d'individualisme désaxé.

Ma transformation était progressive, à mesure de l'enlisement collectif dans les limbes de la médiocrité.Je m'en rendais compte, mon changement devenait de plus en plus flagrant, et ce n'était pas si facile à accepter.Le dégoût de cette société à la dérive, asexuée et pervertie avait pris le dessus sur une joie de vivre aveugle de la réalité.

Cette vision semi-nostalgique teintée d'amertume à eu au moins le mérite de me faire commencer mon introspection. Mais ce n'est pas à l'intérieur de moi-même que j'allais plonger, plutôt dans une chope de bière au fin fond d'un bar crasseux.

A ce propos, une légère digression s'impose. Je dois préciser que j'aime les prolétaires, les exclus, les asociaux, tous ceux que la société faussement bourgeoise composée de métrosexuels boutonneux rejette et méprise. Mais qu'elle jalouse au fond d'elle même, sans se l'avouer. Dans l'absolu, n'importe quel ouvrier, cloche-pouille ou autre smicard aura toujours plus de choses à raconter qu'un mécheux blond et toujours pré-pubère à 25 ans, prisonnier de sa bulle de conformisme. Un voyage dans les bas-fond, en somme.

Pour en revenir à notre préoccupation principale, j'allais donc m'installer en terrasse, seul espace de liberté pour le fumeur qui souhaite s'encrasser les poumons en s'engorgeant le foie. Exemple typique de la chape de plomb qui avait définitivement enterré la logique au rang de souvenir du XXème siècle : le bar était désert, la terrasse bondée.

Je me suis donc positionné sur une petite table coincée entre la vitre sur ma gauche et la porte d'entrée derrière moi. Une fois à l'aise dans mon bistro, mes commandes effectuées, je me suis à nouveau observé. La nuit étant déja tombé depuis longtemps, j'étais à nouveau face à mon reflet, très net dans la vitrine, mis en relief par les réverbères de la ville. L'atmosphère polluée de cette morne nuit rendait mon éclat sur le verre aussi fluorescent que la jupe d'un travesti opéré. Je me mirais, de façon presque obscène à en croire le visage de la serveuse qui croyait sans doute que je la matais, malgré sa maigreur, ses quarante pige bien tassées et ses cheveux de garçon manqué.  Cela me donnais envie de replonger dans une tranquillité imaginaire, je me contais dès lors de belles histoires. Ou des historiettes plutôt, comme autant d'explications à ce que je voyais.

Je voyais d'ailleurs une forme, tantôt aux contours nets, tantôt ectoplasmique, en proportion à mon degré d'ébriété croissant. De même ma plume se mettait à trembler, au fur et à mesure que mon double s'obscurcissait. J'étais dans un drôle d'état. En transe, peut-être, en délire, sûrement. De ces délires qui vous font voltiger, planer, prendre conscience de la populace qui s'agite autour de vous sans ressentir la moindre compassion pour cette addition d'individus, d'anonymes qui avaient vocation à le rester puisque tristement enfermés dans leur solitude.

La lèpre intellectuelle qui gagnait cette ville de plus en plus robotisée achevait de faire partir en lambeaux les derniers reste de conscience collective. Mon narcissisme resurgissait ainsi de plus belle, j'étais en pleine auto-admiration, alors qu'il n'y avait vraiment pas de quoi.

Retour au bar, donc, après cette petite phase d'égocentrisme brut. Me détournant de mon image, je pus apercevoir les abrutis d'en face plier bagage. Enfin ! Leur attitude larvaire d'émerveillement devant leur seule et unique pinte devenait insupportable, surtout qu'il ne buvaient pas, se contentant de jacasser bêtement. 

Je partis également quelques minutes plus tard, après avoir payé et pissé.

En marchant sur la chaussée mouillé, je me suis penché sur une flaque d'eau. J'y ai vu se dessiner une personne aigrie, demi-saôule, les yeux rouges et le teint pâle. Je n'ai pas voulu en voir plus, c'était bien assez pour ce soir. Jetant nonchalamment mon mégot dans ce reflet pénible, l'image s'est dissipée dans de petites ondulations, à mesure que je disparaissais dans les brumes, suffoquant et titubant.

J'étais heureux. Ma soirée était réussie, mes réflexions finies, ma conscience rassurée. J'étais l'incarnation de mon triste univers...

 

Xavier Laroche

10.10.2008

La solitude de l'écrivain

Sa pire sensation était celle de se retrouver isolé, coupé d'une réalité trop vile pour lui, sans égal face à un monde en pleine décrépitude. Or il l'était, et pour de bon cette fois. Il avait franchi le point de non-retour. L'écrivain brillant et talentueux se voyait emprunt de cette solitude qui vous place au rang d'observateur de votre vie, de juge de vos actes, de témoin de vos pêchés. Seul, donc, mis de côté par ceux qui l'adulaient.

 

Seul, au milieu d'une foule souvent stressée, parfois orgiaque, toujours mouvante. La ville, tourmentée et bruyante, est aussi l'endroit ou l'extrême solitude est la plus violente. Paris en est la synthèse : ses faubourgs, ses putes, ses pédés, ses bobos rachitiques et ses enrichis hautains. Ca grouille, ça pollue, ça consomme, mais ça ne remplit pas le vide de l'existence. Il ressent toujours cette tristesse environnante, qui fait de la ville-lumière une centrale électrique désaffectée, une amanite qui transforme et détruit tout ceux respirant son air vicié. 

Seul, toujours. Au milieu d'un PMU, sandwich au saucisson et bière pression. Comme une litanie sans fin, l'algorythme d'une subsistance qu'il considère vaine mais qu'il ne veut pas abandonner. Il écrit, frénétiquement, comme un échappatoire à sa conscience douteuse. 

Seul. Dans cette boîte de nuit branchée et assourdissante. Les effluves de sudation mêlées aux parfums de luxe envahissent son oxygène. L'ambiance est irrespirable, tant du point de vue physique que moral. Pourtant, il écrit, et même lorsque ces filles de petite vertu aux attitudes putassières le collent de la plus suggestive des façons, il ne ressent pas la moindre impression d'un quelconque contact humain. Les gens l'insupportent. A juste titre.

Il tente par à-coup de retisser du lien social, mais rien ne suffit. Le consumérisme à atteint son zénith, le verbe est bon pour les pauvres. Pauvres cons, tiens ! Toujours prompts a dégainer leur suffisance, malgré leur inculture crasse, pour prétendre à une fantasmagorique supériorité.

Seul, chez lui. Devant son écran, qui à remplacé le cahier. Merci au monde moderne, aux avancées technologiques. La télévision à supplanté les radotages de la mémé au coin du feu. Les réseaux sociaux et les sites de rencontre sur internet ont suppléer aux veillées campagnardes d'antan, où les cul-terreux se rencontraient d'un village à l'autre et fondaient des familles. Le clavier s'est substitué à la plume. Le virtuel à relevé le réel.

Seul, dans ce siècle où la démence et l'incohérence s'installent de concert pour plonger dans les abysses de la nullité intellectuelle, relationnelle et sentimentale. Naguère, les gens étaient libres individuellement, dans une société contraignante et sclérosée. Une fois la liberté collective gagnée, les frustrations individuelles et l'hypocrisie se sont installées et ont transformé les individus en avortons coincés et livrés à une vie imaginaire. Ca, il ne le supportait pas. Mais il ne pouvait pas refaire le monde. Refaire ce monde.

Seul, toujours. Du berceau au cercueil. Du Paradis à l'Enfer.

 

Xavier Laroche.

09.10.2008

Définition du chale

Une de mes connaissances se demandait, pour reprendre ses termes : "comment se fait-il que les jeunes hommes issus des milieux les plus favorisés soient pour la très grande majorité des demi-fiottes ne dépassant guère les 50 kilos à la pesée ?"

Pour répondre à cette question je suis allé regarder dans mon "Bestiaire des différentes créatures peuplant Paris" et j'ai trouvé cela :

Le futur bobo, que l'on appelle plus communément "chale", est une créature très facile à distinguer physiquement. Bien sapé, des cheveux trop longs qui lui donne un air gamin, une maigreur extrême qui en font un être chétif frisant l'anorexie et des manières se distinguant par une suffisance sans nom qui permet de nous faire comprendre que tout lui est du.

Intellectuellement, le chale n'est pas excessivement cultivé, plutôt paresseux à l'école, ses quelques connaissances tout comme ses bonnes manières, il les doit à son milieu qui les lui a transmis depuis le berceau. Si vous n'êtes pas du même pédigrée, il sera prétentieux et méprisant, et vous fera toujours comprendre que vous n'êtes tout simplement pas assez bien pour lui.

Animal grégaire et territorial, on le retrouve souvent regroupé avec ses congénères dans les cafés des quartiers huppés de Paris ou autres boites de nuit selects, surtout celle rue du Colisée. Il supporte très mal la présence de ceux qui ne sont pas de la même espèce, tel les "prolos" ou "beaufs" comme il aime à les qualifier.

Rarement belliqueux, du fait de ses capacités physiques limitées et de son caractère molasson, il démontre un comportement lâche devant toute forme d'agression physique.

 

Thibaud Delcourt

03.10.2008

Propagande

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01.10.2008

Elle et lui

Lui, c'était un type d'apparence bien. Il était plutôt grand, athlétique, au visage d'éphèbe, mais dont les traits révélaient par moment une certaine dureté. Les jeunes pucelles en voie d'émancipation le considéraient comme un futur mari idéal, les ménopausées comme un gendre idéal, et le troisième âge comme un jeune homme charmant, voire un gigolo de qualité pour les heureuses titulaires d'une retraite confortable.

Elle, c'était une minette de beaux quartiers. Jolie, aux mensurations attirantes, mises en valeur par ces longs cheveux blonds qui tombaient nonchalamment sur ses épaules. Toujours à la pointe de la mode, vêtements de haute couture achetés avenue Montaigne, sorties en boîte rue du Colisée, coiffeur Porte Maillot et lycée privé rue de la Pompe, elle avait tout pour être heureuse.Les freluquets qui révisaient le bac à ses côtés ne l'intéressaient pas, elle comptait taper plus haut. Elle le pouvait, et en avait conscience.

Lui, il était trader. Il aimait les after-works du jeudi, les soirées champagne en discothèque du vendredi, et les grasses matinées du samedi, où il découvrait chaque fois une nouvelle compagne dont il ignorait jusqu'au prénom. Qu'importe, elle disparaissait aussi vite que le rail de coke dont il avait besoin pour sortir de sa torpeur.

Elle en avait marre d'être la fille à papa gâtée, et ressentait un vif désir de liberté. La soif de sensations fortes, la volonté d'indépendance, le desir d'affirmer qu'être toujours mineure ne signifiait pas être encore une enfant. Les publicitaires la fascinaient, à l'instar des stars décadentes d'un show-biz pourri jusqu'à l'os. Elle n'aurait également pas dit non à tous ces brillants étudiants de prestigieuses écoles de commerce, ou encore ces apprentis avocats et leurs cheveux gominés jusqu'à en paraître crasseux. Tout ce qu'elle souhaitait, c'était sentir le fric. Mais pas le fric de papa, chèrement acquis à la suite de dures années de médecine, suivies d'une brillante carrière de neurochirurgien. Non, elle voulait le fric pourri, celui des magouilles, celui qui sent bon le nouveau riche, qui fleure le stupre, celui d'une opulence d'en bas, si caractéristique du Paris d'en haut. Elle voulait s'éclater, faire partie du cercle vicieux de ces gens peu vertueux, où la perversion est un mode de vie.

Lui, il en avait marre des petites secrétaires nymphomanes et assoiffées de promotion canapé. Les filles de son entourage, de trop petite vertu pour que le challenge soit à sa hauteur, commençaient à sévèrement le blaser. Il était en quête de chair fraîche, de poupées innocentes que la vie à pour l'instant épargnée, de jeunes candides qui n'ont pas compris l'engrenage de la débauche, pour qui le cocon familial est une protection, un préservatif contre cette sauvagerie branchée.Il allait leur faire comprendre la réalité, d'une façon peu glorieuse mais jouissive. Il se savait salaud, ça le rendait invulnérable.

Elle l'a vu, elle à craqué. Il l'a vue, il à bandé. Il n'a pas eu d'effort a faire, le triptyque argent-alcool-appartement à fait son oeuvre. Il a passé sa nuit rempli d'une fierté malsaine, mais méritée. Il s'est endormi tard, épuisé et en sueur. Il s'est réveillé tard, également, avec une nouvelle fois un visage à ses côtés, dont il ignorait encore le prénom. Mais cette fois les larmes se mêlaient aux taches de sperme sur ses draps de satin. Il s'est levé, pris son rail en souriant, et lui a demandé de partir.

Elle était devenue facile; il était resté habile.

 

Xavier Laroche

26.09.2008

Rue du Colisée

La dernière fois que je suis allé dans cette fameuse boite rue du Colisée, j'ai eu autant envie de rire que de gerber.

D'abord, quand je suis arrivé à l'entrée j'ai vu les deux têtes de con qui servaient de videurs. L'un faisait plus proxo albanais, l'autre bonne brute du style homme de main venu de l'Est. Une gamine de beau quartier d'à peine 16 ans, sûrement une habituée des lieux, faisait la bise au deuxième. Le décalage entre elle et lui était franchement comique.

Une fois à l'intérieur, première constatation, la musique était à chier. Je vois des gosses bien chevelus et maigrichons assis au tables commander des bouteilles à 200 euros avec des visas infinite ou autres amex appartenant très certainement à papa.

En faisant un petit tour par les toilettes, j'aperçois de l'extérieur une file d'attente pour les chiottes fermées, une dizaine de gars en train de patienter pour se repoudrer le nez. Un type qui venait d'en sortir m'interpelle en me disant " Pas la peine d'attendre, t'as qu'à taper sur le lavabo!". Le message était clair...

Arrivé au bar, une jolie minette me réclame une coupe de champagne. A voir les verres vides, on ne lui avait pas beaucoup dit non. Pragmatique, je lui demande ce que ca va m'apporter. Elle me regarde alors avec stupéfaction et mépris, ajoute un "pfff" et s'en va. Je crois qu'elle n'avait pas l'habitude qu'on lui refuse quelque chose.

De nouveau sur la piste de danse, j'ai ressenti une sorte de nausée, pas à cause de l'alcool ou d'une drogue, mais plutôt due à l'ambiance générale de ce lieu, ce mélange de thunes, d'excès pathétiques en tout genre, de jeunesse faussement dépravée, de superficialité et d'arrogance infantiles qui devenait très dur à digérer. Tous étaient si misérables par leur grotesque, leur style surfait, leur comportement risible en décalage total par rapport à leur âge.
Ils voulaient jouer au grand mais ça ne prenait pas. C'était comme une sorte de mauvaise blague qui faisait rire, mais rire jaune.

Comme disait Napoléon, "du sublime au ridicule, il n'y a qu'un pas !" Et bien là, sans l'ombre d'un doute, il était allègrement franchi.


Thibaud Delcourt

Des hommes et des bêtes

C'est arrivé a point nommé, au milieu du marasme intellectuel dans lequel mes réflexions m'avaient plongé. La vue d'une association regroupant des présentoirs et des gens aussi mal-foutus et repoussants les uns que les autres m'a apporté une belle bouffée d'air frais. Cette association, qui à monopolisé près de 10 mètres de trottoir sur la-plus-belle-avenue-du-monde (d'après les gens atteints d'une forme aigüe de turista), avait pour finalité de faire prendre conscience aux gens du bien être des animaux. Selon eux, ces derniers ont des besoins, des droits, une âme.

Etrange. Mais non dénué d'intérêt sociologique. Après tout, j'allais aimer à croire que ce puisse-t-être vrai, que l'animal était sans doute plus que ça. En imaginant ainsi le charmant écureuil bouffer des glands toute la journée, j'ai tout de suite compris que c'était un évident point commun avec la grosse dinde bénévole qui essayait de me refourguer son prospectus en papier recyclé. De même, la présence d'un têtard à hublot rachitique aux manières efféminées m'a plongé un instant au coeur du marais, endroit bien connu des amateurs de sodomie parisiennes, où l'on rencontre de nuit toute une multitude de batraciens. L'animalité de l'être humain lui faisait ressentir compassion et amitié envers son compagnon poilu à quatre pattes, qu'il s'agisse de chiennes, de chattes, ou autre mammifère domestique.

La conclusion sur la basse-cour environnante, groupement de moutons pleins de considérations mielleuses sur leurs semblables, était claire : si je ne partais pas tout de suite de ce stand névrosé, j'allais devenir chèvre.

 

Xavier Laroche

20.09.2008

Sociologie du vide

La prise en compte de données réelles, à savoir de terrain, me paraissait une étape essentielle a mon observation, la théorisation des simulacres de comportements.
J'aurais pu tenter de comprendre quelle était la différence concrète entre une vache limousine et une normande, ou chercher des points de corrélation entre un chrysanthème et une tulipe, mais la seule faune qui m'intéressait était le genre présumé "humain", quant à la flore, et bien, disons que mes seules connaissances en la matière étaient limitées a une substance aussi prohibée qu'un rapport sexuel après 23 heures.

Le premier point de l'étude à donc porté sur ce que d'aucuns nomment l'apparat, que je considère plutôt comme l'identification publicitaire. L'homme-sandwich n'est donc pas mort, et les rencontres se concrétisent alors en un concours de sapins de Noël. De ceux où les plus beaux atours de minettes au quotient intellectuel inversement proportionné au compte en banque de papa rivalisent d'audace avec ceux de jeunes hommes a la frêle stature s'habillant en 14 ans pour donner un effet moule-bite a leurs guenilles. L'effet escompté est alors de montrer a son prochain que l'on a bien assimilé que le fait d'être laid, mais d'une laideur conforme au marché, était le premier facteur de réussite sociale.

Je me suis ensuite penché sur les vecteurs culturels, à savoir comprendre comment l'on pouvait pourrir un cerveau de manière irréversible, et j'ai compris alors que la télé-réalité devait être en tête des facteurs de socialisation. D'où, probablement, le nombre exponentiel de tentatives plus ou moins réussies d'accouplement dans les piscines, à l'instar du phénomène récent de gesticulations incohérentes dans les boites de nuit branchées. J'en étais alors à l'identification médiatique.

Je me suis ensuite intéressé aux repas. M'est alors revenu l'adage "tu es ce que tu manges", ce qui à eu pour conséquence de me faire ouvrir les yeux sur l'identification alimentaire. Le niveau était désormais régi par une nouvelle forme d'échelle sociale, celle de l'assiette. Où l'on passait du sordide à l'exquis, à l'image de ce que pouvait être l'Homme, du morceau de bidoche grasse et suintante au bout d'une broche verticale, à un repas de bourgeois-bohème hygiéniste ne contenant pas même de quoi remplir une dent creuse. Le tout dans l'idée de s'affirmer par ce que l'on ingurgite.

J'en ai conclu que la société s'apparentait à un théâtre, une pièce mal-jouée ou acteurs et public se confondent. L'individu dans sa quête d'autosatisfaction faisait semblant de manger, il faisait semblant de s'habiller, faisait semblant de baiser, ce qui restait pourtant le seul moyen de porter un peu d'intérêt à autrui.
Le comportement simulé, l'existence oubliée. La fin d'un monde. Le début d'un autre.

 

Xavier Laroche

"Accident de personne"

"Accident de personne", combien de fois cette annonce de la ratp a résonné dans ma tête dans les couloirs du métro. La version politiquement correcte du suicide.

Je ne connais pas encore d'accidentés de métro qui après s'être précipité sur les rails et avoir pris en pleine gueule une locomotive ont pu témoigner. La plupart du temps, après une telle expérience, même l'identification dentaire est difficile...

Un acte si personnel et individuel peut prendre une tournure collective et dissidente par sa volonté de nuire à la société. En effet, par le sacrifice de sa vie, un individu peut réussir à perturber aux heures de pointe jusqu'à 30 minutes une ligne entière, provocant le retard de plusieurs centaines, voire milliers de clampins.

Ne pouvant arriver à l'heure au travail, il va contribuer à augmenter leur angoisse, leur stress et leur névrose et à peut être même gâcher leur journée.
Encore pire, les conséquences néfastes de cet acte sans véritable impact au niveau général seront peut-être la goutte d'eau qui poussera d'autres individus au bout du rouleau à commettre l'irréparable. On peut même imaginer le scénario d'une série de suicide en chaîne, les gens se jetant sur les voies telle une rangée de dominos s'effondrant les uns après les autres sous l'effet du précédent.

Même si ce dernier scénario parait incongru et peu probable, il laisse à réfléchir sur le pouvoir de nuisance dont dispose chaque suicidé potentiel sur l'ordre social.


Thibaud Delcourt

18.09.2008

Un dimanche de solitude

L'angoisse du simple passage du dimanche au lundi suscitait chez moi une appréhension croissante au fur et à mesure que la nuit s'apprêtait à tomber de son oppressante noirceur. Isolé dans ma chambre, les sombres images d'un week-end tourmenté martelaient mon esprit. Packa Cigaret du groupe russe Kino en fond sonore, une bouteille de Chianti à demi-entamée et une pile de tabac espagnol à portée de main, je débutait ma réfléxion.

Grâce à la simple vision d'un porno amateur agrémenté de déviances à la mode, couplé aux effets de la vinasse italienne désinhibitrice, mes pensées devenaient profondes. De plus en plus en plus profondes. A l'instar de la double-pénétration que subissait la jeune demoiselle à l'écran, hagarde devant les obscénités qu'elle se préparait à subir.

Une pensée métaphorique, sans doute, la comparaison étant trop évidente. Image d'une fausse vertu, d'un vernis puritain, totalement écaillé par les agissements sordides d'individus en pleine déliquessence.
Mon déversoir d'excréments verbaux, qui semblait assouvir les pulsions scatophiles de cette société malade d'elle-même m'aidait à ressentir la fatigue.
Le sommeil venait alors de lui-même, m'accordant une semaine de répit. Jusqu'à dimanche prochain.


Xavier Laroche

Quand j'aurai le Goncourt

A force de fellations et de plagiats, je finirai par être assez digne de figurer parmi les "grands" de ce siècle. Tous ces éminents intellectuels s'adonnant à la masturbation groupée, tous ces penseurs racolant et baissant leur froc pour le plus infime subside, j'aspire un jour à être l'un d'eux.

Je veux moi aussi faire dans la production d'ersatz littéraires, dans la vulgarisation minimaliste et baclée d'auteurs du passé. Je veux vivre de la médiocrité collective, m'enrichir de l'abêtissement général.

Je veux moi aussi être invité en prime-time, pour qu'on encense un torchon que j'aurais écrit entre deux cuites et une branlette. Je veux faire partie de ce petit cercle parisien étriqué, rencontrer des cinéastes complexés, des auteurs stériles, et des journalistes frustrés.

Je veux être reçu à la table des grands couturiers sodomites qui, à force d'enculades portent des couches, me taper des top-models décérébrées, des putes anoréxiques et shootées.

Et par dessus tout je veux mépriser mes lecteurs, cracher à la face de ceux qui me font vivre, de tout ce petit peuple loin de ce luxe obscène et des tergiversations frivoles, abruti par un travail déshumanisant et des médias débilitants.


Thibaud Delcourt

Appliquons le développement durable à internet

Quand on voit les multiples campagnes de publicité, émissions de télé, labels, ou même textes de lois qui font de l'écologie une priorité pour la sauvegarde de notre patrimoine naturel, je me demande comment se fait-il qu'internet échappe à cette logique ?

En effet, un danger mortel pour notre patrimoine culturel progresse et se diffuse de manière pandémique sur toute la toile. Le bien nommé "blog" est à internet ce qu'est l'Erika aux plages bretonnes, un fléau déversant des torrents d'inepties nocives et tenaces.

Imaginez ces centaines de milliers de kilobits d'humeurs sordides, d'introspection décérébrée où le français est toujours un peu plus torturé par ce langage primitif qu'est le SMS.

Que ce soit les poufs écervelées racontant leurs vies méprisables, les révolutionnaires de pacotille en quête de reconnaissance sociale ou les pseudo poètes dépressifs à la prose larmoyante, tous contribuent à polluer un peu plus par leur médiocrité cet espace de liberté qui ne s'apparente aujourd'hui plus qu'à une décharge de l'intellect.

Aujourd'hui on paye une éco-paricipation sur les biens matériels à la hauteur de leur préjudice sur l'environnement. On devrait selon le même principe, taxer les blogs à la mesure de la nuisance qu'ils procurent aux internautes.

 

Thibaud Delcourt

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