20.09.2008
Sociologie du vide
La prise en compte de données réelles, à savoir de terrain, me paraissait une étape essentielle a mon observation, la théorisation des simulacres de comportements.
J'aurais pu tenter de comprendre quelle était la différence concrète entre une vache limousine et une normande, ou chercher des points de corrélation entre un chrysanthème et une tulipe, mais la seule faune qui m'intéressait était le genre présumé "humain", quant à la flore, et bien, disons que mes seules connaissances en la matière étaient limitées a une substance aussi prohibée qu'un rapport sexuel après 23 heures.
Le premier point de l'étude à donc porté sur ce que d'aucuns nomment l'apparat, que je considère plutôt comme l'identification publicitaire. L'homme-sandwich n'est donc pas mort, et les rencontres se concrétisent alors en un concours de sapins de Noël. De ceux où les plus beaux atours de minettes au quotient intellectuel inversement proportionné au compte en banque de papa rivalisent d'audace avec ceux de jeunes hommes a la frêle stature s'habillant en 14 ans pour donner un effet moule-bite a leurs guenilles. L'effet escompté est alors de montrer a son prochain que l'on a bien assimilé que le fait d'être laid, mais d'une laideur conforme au marché, était le premier facteur de réussite sociale.
Je me suis ensuite penché sur les vecteurs culturels, à savoir comprendre comment l'on pouvait pourrir un cerveau de manière irréversible, et j'ai compris alors que la télé-réalité devait être en tête des facteurs de socialisation. D'où, probablement, le nombre exponentiel de tentatives plus ou moins réussies d'accouplement dans les piscines, à l'instar du phénomène récent de gesticulations incohérentes dans les boites de nuit branchées. J'en étais alors à l'identification médiatique.
Je me suis ensuite intéressé aux repas. M'est alors revenu l'adage "tu es ce que tu manges", ce qui à eu pour conséquence de me faire ouvrir les yeux sur l'identification alimentaire. Le niveau était désormais régi par une nouvelle forme d'échelle sociale, celle de l'assiette. Où l'on passait du sordide à l'exquis, à l'image de ce que pouvait être l'Homme, du morceau de bidoche grasse et suintante au bout d'une broche verticale, à un repas de bourgeois-bohème hygiéniste ne contenant pas même de quoi remplir une dent creuse. Le tout dans l'idée de s'affirmer par ce que l'on ingurgite.
J'en ai conclu que la société s'apparentait à un théâtre, une pièce mal-jouée ou acteurs et public se confondent. L'individu dans sa quête d'autosatisfaction faisait semblant de manger, il faisait semblant de s'habiller, faisait semblant de baiser, ce qui restait pourtant le seul moyen de porter un peu d'intérêt à autrui.
Le comportement simulé, l'existence oubliée. La fin d'un monde. Le début d'un autre.
Xavier Laroche
15:36 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

Commentaires
J'ai hate de lire d'autres belles observations sur le comportement humain, à travers des termes recherchés, forts et sans hypocritie.
J'aime les écrivains incompris et je reste dans l'attente de nouveaux textes.
Ecrit par : SS | 21.09.2008
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