26.09.2008

Rue du Colisée

La dernière fois que je suis allé dans cette fameuse boite rue du Colisée, j'ai eu autant envie de rire que de gerber.

D'abord, quand je suis arrivé à l'entrée j'ai vu les deux têtes de con qui servaient de videurs. L'un faisait plus proxo albanais, l'autre bonne brute du style homme de main venu de l'Est. Une gamine de beau quartier d'à peine 16 ans, sûrement une habituée des lieux, faisait la bise au deuxième. Le décalage entre elle et lui était franchement comique.

Une fois à l'intérieur, première constatation, la musique était à chier. Je vois des gosses bien chevelus et maigrichons assis au tables commander des bouteilles à 200 euros avec des visas infinite ou autres amex appartenant très certainement à papa.

En faisant un petit tour par les toilettes, j'aperçois de l'extérieur une file d'attente pour les chiottes fermées, une dizaine de gars en train de patienter pour se repoudrer le nez. Un type qui venait d'en sortir m'interpelle en me disant " Pas la peine d'attendre, t'as qu'à taper sur le lavabo!". Le message était clair...

Arrivé au bar, une jolie minette me réclame une coupe de champagne. A voir les verres vides, on ne lui avait pas beaucoup dit non. Pragmatique, je lui demande ce que ca va m'apporter. Elle me regarde alors avec stupéfaction et mépris, ajoute un "pfff" et s'en va. Je crois qu'elle n'avait pas l'habitude qu'on lui refuse quelque chose.

De nouveau sur la piste de danse, j'ai ressenti une sorte de nausée, pas à cause de l'alcool ou d'une drogue, mais plutôt due à l'ambiance générale de ce lieu, ce mélange de thunes, d'excès pathétiques en tout genre, de jeunesse faussement dépravée, de superficialité et d'arrogance infantiles qui devenait très dur à digérer. Tous étaient si misérables par leur grotesque, leur style surfait, leur comportement risible en décalage total par rapport à leur âge.
Ils voulaient jouer au grand mais ça ne prenait pas. C'était comme une sorte de mauvaise blague qui faisait rire, mais rire jaune.

Comme disait Napoléon, "du sublime au ridicule, il n'y a qu'un pas !" Et bien là, sans l'ombre d'un doute, il était allègrement franchi.


Thibaud Delcourt

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