15.10.2008
Jean-Eudes, artiste contemporain
Jean-Eudes, gamin de bonne famille aurait pu tranquillement poursuivre ses études au milieu de la masse des anonymes. Plutôt beau garçon, ses dépenses en tout genre largement subventionnées par maman, et ses résultats plus que corrects ainsi que les pistons de papa lui promettaient un avenir radieux.
Cependant il en fallait plus à Jean-Eudes. Il trouvait sa vie terne et monotone, elle était beaucoup trop facile. Pour remédier à cela il eut une idée lumineuse, devenir artiste. Pas artiste dans un seul domaine, mais dans tout ceux que le monde moderne avait abâtardis, remplaçant le talent par le porte-monnaie.
Grâce à l'apparition de la photo numérique, il pût devenir photographe en s'achetant un super canon Mark 3 à plus de 3000 euros. Ce qui était pratique, c'est qu'il y avait un mode automatique qui permettait même à un enfant trisomique de prendre des photos.
Un domaine intéressant s'offrait à lui : La photo de mode qui lui garantissait de prendre (dans les deux sens du terme) la myriade de petites poufs qui voulaient faire leurs books. Il décida ainsi se se faire rétribuer en nature, prenant deux ou trois photos floues en échange d'une fellation.
Cependant la concurrence acharnée dans ce domaine et le mécontentement de nombreuses jeunes filles qui s'étaient vu "humiliées" par le jury d'une quelconque agence de mannequinat à la vue des clichés désastreux, l'avait poussé à réorienter sa carrière.
Il décida donc de devenir DJ. Il suffisait de se payer des platines et de passer des MP3 en boucle sur son ordi lui avait-on dit. Un grand connaisseur de la "night-life" ayant ajouté qu'en boite ou en soirée, ce qui comptait, c'était "un beau flyer, beaucoup d'alcool et des petites putes", le reste n'étant qu'accessoire. Il se mit donc à mixer et connu un vif succès dans le petit milieu parisien faisant de lui une mini-star (assez pour flatter son égo mais pas pour gagner de l'argent) et facilitant par la même occasion le "culbutage" de petites chalala.
Malheureusement pour lui, là aussi, beaucoup étaient sur le créneau et un ancien geek qui depuis qu'il était môme avait passé son existence à se détruire les yeux devant son écran cathodique et les oreilles en mixant frénétiquement des samples assourdissants s'apparentant plus à du bruit qu'à de la musique lui était passé devant.
Il dût donc se résigner à changer à nouveau de domaine et s'intéressa à l'écriture. Inspiré par Lolita Pille ou sa version plus "cheap", Virginie Despentes, il décida de devenir écrivain. Ayant retenu de ses études qu'on fait un bon commentaire en pompant des idées de différents grands auteurs, il appliqua cette même logique à ses textes. Ce qui lui permis tout d'abord de profiter à nouveau de quelques petits culs grâce à son attitude "pseudo-baudelairienne-jean-foutre-désabusée-super-rebelle", ce solda par un échec littéraire cuisant du fait de la banalité du sujet et du style aussi bien insipide qu'impersonnel. Un éditeur renommé ayant même répondu ironiquement à ses demandes insistantes en lui expliquant qu'il ne voyait pas "la différence d'utilité entre ses manuscrits et les feuilles d'un rouleau de p-cul." De quoi le calmer définitivement...
Le pauvre Jean-Eudes déprimé par tant de revers de fortune, du se résigner à honteusement reprendre sa vie horriblement pénible par sa banalité. Il se consola en dépensant compulsivement quelques centaines d'euros dans de la drogue de bonne qualité et du champagne, rappela un de ses "PC" qu'il dégagea de manière expéditive après que son envie fût soulagée et finit par s'abandonner dans un sommeil léthargique.
Thibaud Delcourt
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